• Armoricaine

     Elle est née en Bretagne au xixe siècle vers 1840. Un éleveur breton achète un taureau de la race britannique durham (nom actuel: shorthorn) à l'école vétérinaire de Maison-Alfort1. Il est vite imité par de nombreux éleveurs du nord Bretagne, séduits par l'augmentation de gabarit des veaux croisés froment du léon x durham. La mode de ces croisements gagne ensuite l'intérieur des terres où la race se métisse avec la pie rouge de Carhaix ou bretonne pie rouge. Les avantages en termes de précocité, d'aptitude à l'engraissement tout en ayant une production laitière correcte pour l'époque1 sont des arguments de poids pour les éleveurs. De ses ancêtres, elle a gardé la rusticité des races bretonnes, mais elle doit son format à l'influence de la race britannique2. Elle devient une race de Bretagne centrale (monts d'Arrée, Pontivy, Loudéac)2 où elle élimine la bretonne pie rouge par absorption le sud étant dévolu à la bretonne pie noir et le nord à la froment du léon.
    Au début du xxe siècle, les éleveurs de la race métisse se fédèrent et nomment leur vache armoricaine. Leur coopération aboutit à l'ouverture du herd-book, le registre généalogique de la race armoricaine. En 1934, la race compte 360 000 individus1.
    Dans les années, 1950, les décideurs agricoles veulent réduire le nombre de races bovines françaises; un sénateur de la Mayenne, Louis Fourmond, propose de fusionner les races armoricaines et rouge des prés, toutes deux fortement influencées par le métissage durham1. En 1963, nait la fédération rouge de l'ouest. Les éleveurs de l'armoricaine souhaitent aussi améliorer le potentiel laitier: des génisses MRY (pie rouge de Hollande et deutsches rotbunte allemande) sont achetées et de la semence de même origine est utilisée sur trois campagnes en insémination artificielle1. Le but est de faire adhérer la race à une grande race pan-européenne, résultant de la fusion de la MRY et de la deutsches rotbunte allemande. (projet pie rouge européenne des plaines1) À partir de 19663, le troupeau reçoit un apport massif de MRY pour améliorer ses performances laitières2. En 1969, un concours de la race réunit des animaux des deux bassins de production (Armorique et Maine-Anjou). Devant la disparité (rouge des prés pure race d'un côté et métis très marqué MRY de l'autre) les deux groupements d'éleveurs décident de garder chacun sa race. La rupture est consommée en 19701. La scission devient l'acte fondateur de la race pie rouge des plaines française. Une structure crée un registre généalogique qui regroupe les animaux de race armoricaine, MRY, rotbunte et du croisement entre eux1.
    Quelques éleveurs qui croient encore dans la race armoricaine ne trouvent alors plus de semence armoricaine pour inséminer leur troupeau. L'effectif chute très vite : des 200 000 individus en 19632, il n'en restait qu'un peu plus d'une centaine en 2001.
    En 1978, un premier recensement des races menacées de disparition est opéré1. À cette époque, les chercheurs en génétique commencent à déclarer que le maintien d'une forte variabilité génétique est une réserve pour de potentiels croisements dans le futur. En Bretagne, la bretonne pie noire faisait déjà partie d'un programme de préservation, mais l'enquête montre que les races armoricaines et froment du Léon existent toujours1. Les recherches administratives découvrent l'existence de la semence congelée de quatorze taureaux armoricains. Elles sont mises à disposition des éleveurs demandeurs. L'ITEB (aujourd'hui institut de l'élevage1) reprend le registre et commence à y inscrire tous les troupeaux de race pure armoricaine. Cependant, des grains de sables viennent enrayer les rouages de la sauvegarde : l'âge des éleveurs d'armoricaine, majoritairement proches de la retraite, l'âge des vaches non renouvelées pour garder la race pure, l'embonpoint de certaines vaches peu fertiles et la méfiance des éleveurs résistants à la disparition de leur race qui suspectent une seconde manœuvre d'absorption de leur race.
    En 1981, seulement 47 vaches sont inscrites et une seule naissance en race pure enregistrées1. En fin de compte, seuls trois éleveurs inséminent leur troupeau de vaches âgées avec la semence retrouvée. Au fil des années, des jeunes étudiants agricoles découvrent cette race et les effectifs remontent doucement. De nouveaux jeunes taureaux sont testés et sélectionnés et la découverte de la semence congelée de deux nouveaux mâles1 vient à point pour enrayer un prévisible problème de consanguinité. Le travail de sélection de nouveaux jeunes taureaux est très long: les femelles sont âgées et il est difficile de choisir parmi elles les meilleures mères à taureau1. Le rajeunissement progressif du troupeau y contribue cependant au cours des années 1990.

    Cette race de type mixte et de grand format a été constituée à la fin du 19e siècle à partir d'animaux pie rouges, bretons, Froment du Léon et Shortorn . La majorité des animaux sont rouges avec quelques tâches blanches sous le ventre.

    La race Armoricaine a été, à partir de 1966, absorbée par la Pie Rouge des Plaines mais il en subsistait, en Bretagne, un petit noyau : 43 femelles répertoriées en 1995, réparties dans 18 troupeaux . Aujourd'hui (2005), l'effectif femelle est de 136, réparties entre 54 troupeau. Il y a 13 taureaux actifs, dont 9 à l'IA.

     

     


    Tags Tags : , , ,
  • Commentaires

    1
    Dimanche 8 Décembre 2013 à 14:19

    Elle ressemble beaucoup à une Salers sauf que la Salers n'a pas de tâches blanches.

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :